mercredi 29 décembre 2010

Wikileaks aurait conclu un accord avec Israël...










par Likiweaks




Nous devons évidemment tous supporter WikiLeaks et son fondateur et porte-parole Julian Assange qui, dans cette sale guerre menée dans le monde entier par des États contre la transparence et la franchise, vient d'être arrêté en Grande-Bretagne.
Mais, dans le monde de la politique, les choses ne sont malheureusement jamais aussi innocentes qu'elles n'y paraissent. Selon de nouvelles révélations, avant le dernier « câble gate» Assange auraient conclu avec Israël un accord qui pourrait expliquer pourquoi, d’après le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, les fuites « étaient bonnes pour Israël. »

Quelques commentateurs, en particulier en Turquie et Russie, se demandent pourquoi les centaines de milliers de documents confidentiels divulgués par le site le mois dernier ne contiennent rien qui puisse embarrasser le gouvernement israélien, comme à peu près tous les autres États auxquels se réfèrent les documents.

La réponse semble être un accord secret, conclu entre le «cœur et âme» de Wikileaks, tel que s’est humblement décrit une fois Assange lui-même (1), et des responsables israéliens, qui assurait que tous ces documents seraient « enlevés » avant de le rendu public des autres.
 
Selon un site Internet arabe de journalisme d’investigation (2), Al-Haqiqa ( la vérité) , Assange a reçu de l'argent de sources israéliennes semi-officielles, et, lors d’un arrangement secret enregistré sur vidéo, leur a promis de ne publier aucun document pouvant nuire à la sécurité ou aux intérêts diplomatiques d'Israël.

Selon les sources de l’article d'Al-Haqiqa, dans les tout derniers mois, devant le « leadership autocratique » et le « manque de transparence » d’Assange, d'anciens volontaires de Wikileaks ont quitté l'organisation.

 Lors d’une interview récente accordée au quotidien allemand Die Tageszeitung, l’ancien porte-parole de Wikileaks Daniel Domscheit-Berg a déclaré que lui et d'autres dissidents de Wikileaks s’apprêtent à lancer leur propre tribune de divulgation pour réaliser l’objectif initial de Wikileaks, de partage de fichiers sans limites. (3)

 M. Domscheit-Berg, qui est sur le point de publier un livre sur sa vie « à l’intérieur de Wikileaks, » accuse Assange d’agir comme un « roi, » contre la volonté des autres membres, en passant avec des organismes médiatiques des accords qui visent à créer un effet explosif, dont les autres de Wikileaks ne savent pratiquement rien ou rien du tout. (4)

Par ailleurs, les initiés ajoutent que le vif intérêt d’Assange envers les scoops à gros titres signifie que Wikileaks n'est pas en mesure de se « restructurer » pour s’occuper de nouveaux intérêts particuliers. C’est-à-dire que de petites fuites pouvant avoir de l'intérêt pour des gens à un niveau local, sont actuellement négligées par égard aux grosses affaires. (5)

 Selon les sources d’Al-Haqiqa, Assange a rencontré des responsables israéliens à Genève plus tôt cette année et a conclu le pacte secret. Le gouvernement d'Israël a semble-t-il en quelque sorte découvert ou s'attendait à ce que soient ébruités un grand nombre de documents concernant les attaques israéliennes au Liban et à Gaza, respectivement en 2006 et 2008-9. Les sources ont ajouté que ces documents, qui provenaient dit-on principalement des ambassades américaines de Tel-Aviv et Beyrouth, auraient été retirés et possiblement détruits par Assange, la seule personne connaissant le mot de passe permettant de les ouvrir.

 Effectivement, les documents publiés semblent comporter un «vide», portant sur la période de juillet à septembre 2006, durant laquelle ont eu lieu les 33 jours de guerre au Liban.

Est-il possible que, passant seulement leur temps à « jacasser » sur pratiquement toutes les autres questions moyen-orientales sans intérêt, les diplomates et responsables zuniens ( américains) n'aient échangé aucun commentaire ou information sur cet événement crucial ?

 À la suite de la fuite (et même avant), le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dans une conférence de presse qu'Israël avait « pris les devants » pour limiter les dommages causés par les fuites, ajoutant qu’« aucun document israélien confidentiel n’a été révélé par Wikileaks. » (6) À la même époque, lors d’une interview pour Time magazine, présentant Netanyahu comme un héros de transparence et d'ouverture, Assange a fait son éloge ! (7)

 Selon un autre article (8), un journal libanais de tendance gauche a rencontré deux fois Assange. Lui offrant «une grosse somme d'argent», il a tenté de négocier un marché avec lui pour se procurer des documents relatifs à la guerre de 2006, en particulier le procès-verbal d'une réunion tenue à l'ambassade zunienne de Beyrouth le 24 juillet 2006. Cette réunion est largement considérée comme un «conseil de guerre» entre les parties israéliennes, zuniennes et libanaises qui ont joué un rôle dans la guerre contre le Hezbollah et ses alliés.

Pourtant, les sources confirment que les documents reçus par les journalistes d’Al-Akhbar, concernant chaque jour de 2008 et d’après, ne contiennent rien de valeur. Tout cela ne fait qu’étayer les allégations d’un accord avec Israël.

Pour finir, il pourrait être utile de souligner qu’Assange a pu faire ce qu'il dit avoir fait pour se protéger et assurer la divulgation des documents de manière à dénoncer l'hypocrisie zunienne, dont il se dit obsédé, « aux dépens d’objectifs plus fondamentaux. »





Notes
 


1) www.wired.com/threatlevel/2010/09/wikileaks-revolt/
(Les notes inédites sur la guerre en Irak ont déclenché une révolte interne chez Wikileaks)

2) www.syriatruth.info/content/view/977/36/
(Selon Daniel Domscheit-Berg, Assange a promis aux Israéliens ne pas publier leurs propres documents)

3) www.taz.de/1/netz/netzpolitik/artikel/1/vom-hacker-zum-popstar/
(À l’origine, Wilileaks voulait mettre autant d’information que possible à la disposition du public ; c’est devenu désormais un très puissant censeur)

4) www.spiegel.de/international/germany/0,1518,732212,00.html
(D’anciens militants de Wikileaks lancent un nouveau site de divulgation)

5) www.spiegel.de/international/germany/0,1518,719619,00.html
(Le porte-parole de Wikileaks démissionne : Seule option pour moi, un départ dans le calme)

6) www.haaretz.com/print-edition/news/netanyahu-wikileaks-revelations-were-good-for-israel-1.327773
(Selon Netanyahu, les révélations de Wikileaks ont été bonnes pour Israël... l’Iran menacerait le monde, comme le confirme le roi Abdallah d’Arabie saoudite... contrairement à ce que prétendent les 60 ans de propagande présentant Israël comme la plus grande menace... Netanyahu a ajouté qu'Israël avait pris les devants pour limiter les dommages causés par les fuites...)

7) www.time.com/time/world/article/0,8599,2034040-2,00.html

8) www.syriatruth.info/content/view/986/36/


Original : WikiLeaks 'struck a deal with Israel' over diplomatic cables leaks, le 7 décembre 2010.

Traduction : Pétrus Lombard

 Articles de Likiweaks publiés par Mondialisation.ca




mardi 28 décembre 2010

2011. Crise du capitalisme hégémonique...

Appauvrissement, faim et plus grande vulnérabilité des zones de vie




par Jules Dufour









2010. Une année qui a vu l'économie mondiale réelle gravement affectée par la crise financière. Les économies des pays riches ont été fortement fragilisées par des déficits budgétaires élevés et une lourde dette nationale, ce qui a placé plusieurs d'entre eux dans une situation les obligeant à sabrer dans les dépenses publiques mettant en péril les programmes sociaux. En février 2010, un an après l'analyse prospective du Laboratoire européen d'anticipation politique (LEAP) concernant l'avenir de l'économie mondiale, « on a pu constater qu’un tel processus est bien en cours : États au bord de la cessation de paiement, montée inexorable du chômage, chute de millions de personnes hors des filets de protection sociale, baisses de salaires, suppressions de services publics, désagrégation du système de gouvernance globale (échec du sommet de Copenhague, confrontation croissante Chine/USA, retour du risque de conflit Iran/Israël/USA, guerre monétaire globale, etc…)» (LEAP, 2010). Pourtant, selon le même organisme, nous ne sommes qu'au tout début de cette phase. L’aggravation brutale de la crise systémique globale va ainsi être caractérisée par une accélération et/ou un renforcement des cinq tendances négatives fondamentales suivantes:
. «L'explosion de la bulle des déficits publics et la montée corollaire des cessations de paiement d'États;
. La collision fatale du système bancaire occidental avec la montée des défauts de paiement et le mur des dettes arrivant à maturité;
. L'inéluctable remontée des taux d'intérêts;
. La multiplication des sujets de tension internationale;
. L’insécurité sociale croissante».
« Dans le GlobalEurope Anticipation Bulletin  N°42, le LEAP a choisi d'analyser le « cas grec », parce qu'il paraît emblématique de ce que nous a  réservé l'année 2010 et parce qu’il « illustre parfaitement l'évolution de l'information sur la crise mondiale dans le sens d’une « communication de guerre » entre blocs et intérêts de plus en plus conflictuels. En clair, c'est un « must » pour parvenir à déchiffrer l'information mondiale des mois et années à venir qui va être un vecteur croissant d'opérations de manipulation» (LEAP, 2010).


I. Un appauvrissement généralisé et l’augmentation de la faim
Cette situation exerce et exercera un impact considérable sur les économies des pays pauvres en les rendant encore plus vulnérables aux fluctuations des prix des matières premières et aux manoeuvres spéculatives dans le marché mondial. Selon les organismes des Nations Unies l'appauvrissement de millions de personnes va s'accentuer et ainsi le cortège des affamés et des sans-abri va s'accroître. Selon la FAO, 925 millions de personnes sont victimes de faim chronique dans le monde en 2010 dont 15 millions dans les pays riches. Selon la Croix-Rouge internationale, plus de 827,6 millions vivent dans des logements insalubres étant contraints de se réfugier dans des bidonvilles (AFP-Genève, 2010). Selon la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) « le nombre de pays très pauvres a doublé en quarante ans passant de 25 en 1971 à 49 en 2010 et il en fut de même pour le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté depuis les années 1980 » (AFP Genève, 2010). Dans son rapport 2010 sur les 49 pays les moins avancés (PMA) du monde la CNUCED « estime que le modèle de développement qui a prévalu jusqu'à présent pour ces pays a échoué  et que son architecture est à revoir» (AFP Genève, 2010).

II. Des catastrophes d’origine naturelle et humaine d’une grande ampleur
À cette situation inquiétante. tant au Nord comme au Sud, s'est ajoutée une série de catastrophes d'origine naturelle et humaine d'une grande ampleur. Selon le réassureur Swiss Re, les catastrophes ont pesé lourd sur l'économie mondiale en 2010, la grevant de 222 milliards de dollars, soit plus du triple qu'en 2009 (AFP Genève, 2010). Ces catastrophes ont été très dévastatrices pour l'environnement naturel et pour les établissements humains: le tremblement de terre en Haiti en janvier a causé la mort de 225 000 personnes et dévasté une portion non négligeable du territoire national; le passage de la tempête Xynthia a balayé l'Europe de l'Ouest en février; le même mois, un violent tremblement de terre d’une magnitude de 8.8 a frappé le Chili; l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon a causé la plus grande marée noire de l’histoire des États-Unis dans le golfe du Mexique en avril;; des inondations d'une ampleur sans précédents ont couvert des territoires immenses au Pakistan et en Chine en juillet (AFP-Genève, 2010).

III. Des dépenses militaires mondiales en hausse constante
Tandis que des cris d'alarme des organisations internationales retentissent sans relâche concernant la pauvreté, la faim et le dénuement de centaines de millions d'habitants de cette planète, les pays riches consacrent des sommes colossales pour l'acquisition d'armements pour la guerre et sa préparation.
On peut affirmer que la crise économique n’a pas  affecté le secteur de la défense  En effet, les dépenses militaires ont continué de s’accroître et les chiffres de 2010 et ceux qui sont prévus pour 2011 montrent des sommes additionnelles très importantes pour les budgets de la défense et de la sécurité. Les données des budgets des États-Unis dans le domaine de la défense montrent des augmentations substantielles. Ainsi, en le budget national de la défense des États-Unis atteignait la somme de 661 milliards de dollars en 2009 et celui qui est prévu pour 2011 devrait se situer autour de 749,5 milliards de dollars.
En 2010, les dépenses pour les activités militaires proprement-dites atteignaient, aux États-Unis, la somme de 719,2 milliards de dollars, l’assistance aux Vétérans 125,9 milliards de dollars, l’aide militaire étrangère 9,9 milliard et l’aide économique étrangère 41,2 milliards (http://www.usgovernmentspending.com/defense_budget_2010_3.html). Les contrats d’approvisionnement de nouveaux équipements de combat ont monté en flèche. Des ententes sur des achats d’avions de chasse ont été conclus avec les principales entreprises de fabrication de matériel de guerre et, notamment, avec la compagnie Lockeed Martin pour la construction de l’avion de chasse furtif F-35.
Selon la base de données du SIPRI, en 2009, les dépenses militaires mondiales ont atteiint les 1531 milliards de dollars dont près de la moitié étaient faites par les États-Unis (Figures 1, 2 et 3). Selon les données d’un rapport du SIPRI repris par I. Gedilaghine, «les dépenses militaires mondiales ont atteint de nouveaux records en 2009 sans connaître l'effet de la crise économique, tirées par les États-Unis où le changement d'administration n'a pu renverser les tendances. Au cours de l'année écoulée, le monde a consacré 1.531 milliards de dollars (1.244 milliards d'euros) au secteur militaire, soit à prix constant une augmentation de 5,9% par rapport à 2008 et de 49% par rapport à 2000, écrit l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI)».
On peut constater que rien n’est négligé pour les préparatifs de la guerre et pour la sécurité et la surveillance des réservoirs de ressources stratégiques et des infrastructures de production. Il en va de la prospérité des plus puissants de cette planète.
Figure 1. Les dépenses militaires mondiales en 2009




Figure 2. U.S. Military Spending vs. The World 2008 


Figure 3. Les dépenses militaires mondiales en 2009



IV. La vision du Laboratoire Européen d'Anticipation Politique/Europe2020 LEAP 2011
Selon le LEAP, nous allons vers la très grande panne du système économique et financier mondial.
Nous reproduisons, ici, in extenso, l’analyse du LEAP pour 2011. Celle-ci révèle qu’au cours des prochains mois nous allons assister à une détérioration progressive de l’économie américaine avec des effets dévastateurs d”abprd pour plus de 60 millions de personnes qui vivent aux États-Unis mêmes puis pour toutes les couches de la société occidentale.
« Comme anticipé par LEAP/E2020 en février dernier dans le GEAB N°42, le second semestre 2010 est bien caractérisé par une aggravation brutale de la crise marquée par la fin de l’illusion de reprise entretenue par les dirigeants occidentaux et les milliers de milliards engloutis par les banques et des plans de « stimulation » économiques sans efficacité durable.
Les prochains mois vont dévoiler une réalité simple mais particulièrement douloureuse : l’économie occidentale, et en particulier celle des Etats-Unis, n’est jamais vraiment sortie de récession». Les sursauts statistiques enregistrés depuis l’été 2009 n’ont été que les conséquences passagères d’une injection massive de liquidités dans un système fondamentalement devenu insolvable à l’image du consommateur américain ».
Au cœur de la crise systémique globale depuis son origine, les Etats-Unis vont donc démontrer dans les prochains mois qu’ils sont à nouveau en train d’entraîner l’économie et la finance mondiales au « cœur des ténèbres » car ils ne parviennent pas à sortir de cette « Très Grande Dépression US.
Ainsi, à l’issue des soubresauts politiques des élections américaines de Novembre prochain, sur fond de taux de croissance redevenus négatifs, le monde va devoir affronter la « Très Grande Panne » du système économique et financier mondial fondé depuis plus de 60 ans sur l’absolue nécessité pour l’économie américaine de ne jamais se trouver durablement en récession.
Or, la première moitié de 2011 va imposer à l’économie américaine une cure d’austérité sans précédent plongeant la planète dans un nouveau chaos financier, monétaire, économique et social.
Les trimestres à venir vont être particulièrement dangereux pour le système économique et financier mondial.
Le patron de la Fed, Ben Bernanke, a d’ailleurs fait passer le message aussi diplomatiquement que possible lors de la récente réunion des banquiers centraux mondiaux à Jackson Hole dans le Wyoming: Bien que la politique de relance de l’économie américaine ait échoué, soit le reste du monde continue à financer à perte les déficits US et espère qu’à un moment donné ce pari sera payant et aura évité un effondrement du système global, soit les Etats-Unis vont monétiser leur dette et transformer en monnaie de singes l’ensemble des Dollars et Bons du Trésor US possédés par le reste de la planète.
Comme toute puissance acculée, les États-Unis sont désormais ainsi obligés de joindre la menace à la pression pour pouvoir obtenir ce qu’ils veulent. Il y a à peine plus d’une année, les dirigeants et responsables financiers du reste du monde s’étaient portés volontaires pour « remettre à flot le navire USA.
Aujourd’hui pourtant les choses ont bien changé car la belle assurance de Washington s’est avérée n’être qu’une pure arrogance fondée sur la prétention d’avoir compris la nature de la crise et l’illusion de posséder les moyens de la maîtriser.
Or, la croissance américaine s’évapore trimestre après trimestre et redeviendra négative dès la fin 2010 ; le chômage n’en finit pas de croître entre la stabilité des chiffres officiels et la sortie en six mois de plus deux millions d’Américains du marché de l’emploi ; le marché de l’immobilier américain continue à être déprimé à des niveaux historiquement bas et va reprendre sa chute dès le quatrième trimestre 2010 ; enfin, comme on peut aisément l’imaginer dans ces conditions, le consommateur US reste et restera durablement aux abonnés absents puisque son insolvabilité perdure voire s’aggrave pour l’Américain sur cinq qui n’a pas de travail.
Derrière ces considérations statistiques se cachent deux réalités qui vont radicalement modifier le paysage politique, économique et social américain et mondial des prochains trimestres au fur et à mesure de leur émergence dans la conscience collective.
La colère populaire va paralyser Washington à partir de Novembre 2010.
Tout d’abord, il y a une réalité populaire très sombre qui est celle de dizaines de millions d’Américains (près de soixante millions dépendent désormais des bons de nourriture) qui n’ont désormais plus d’emploi, plus de maison, plus d’épargne et qui se demandent comment ils vont survivre dans les années à venir.» (Crise systémique globale

Conclusion
La population mondiale atteindra, en 2011, les sept milliards d'habitants. Étant donné que l'essentiel des effectifs (plus de 80 millions de personnes) s'ajoutent chaque année dans les pays en développement il est permis de penser que le taux de vulnérabilité de leurs zones de vie continuera de s'accroître en causant plus de victimes et des dommages plus importants aux établissements humains. Selon Hervé DOMENACH, Démographe, Directeur de recherches à l'Institut de Recherches pour le Développement, «environ 95 % de l’accroissement démographique actuel dans le monde concerne les pays non occidentaux, et la proportion de leurs effectifs dans la population mondiale qui était de 68 % en 1950, atteindrait 87 % en 2050. Si ces estimations devaient se confirmer, on assistera à une formidable redistribution de la population mondiale» (http://www.x-environnement.org/index.php?option=com_content&view=article&id=51%3Asept-2007&catid=36%3Ajaune-rouge&Itemid=41&limitstart=3). Cette réalité devrait entraîner peu à peu un glissement des forces de la gouvernance mondiale vers les pays émergents et les pays dotés de ressources stratégiques majeures.
Le panorama géopolitique mondial sera appelé à changer progressivement et celui qui est prévisible, pour 2011, nous semble celui qui sera marqué par une augmentation des tensions interétatiques, car au fur et à mesure que les économies occidentales continueront de s'enliser dans le fossé abrupt et profond des déficits budgétaires les autres facteurs de déstabilisation agiront sur la gouvernance mondiale. La doctrine de l'intervention armée préventive promue depuis le début du siècle par les États-Unis avec la guerre mondiale contre le terreur pourrait être appliquée par des puissances régionales, mais les prérogatives des grandes puissances continueront de triompher encore longtemps en attisant les points chauds comme la Corée du Nord, le Moyen Orient ou l'environnement créé par la résistance des membres de l'ALBA. Parmi les facteurs déterminants nous aurons les manifestations de la volonté de puissance de la Russie et la stratégie de conquête de la Chine pour les nouvelles sources de matières premières et pour les marchés financiers et économiques en émergence.
Il est indéniable que les guerres d'invasion et d'occupation de l'Irak et de l'Afghanistan ont atteint les limites de leur vie utile en étant, pour l’impérialisme, de plus en plus difficiles à justifier. En Afghanistan, l'armée nationale refondue et dèsormais mieux équipée pour les combats remplacera les forces de la coalition. Un modus operandi «normal» sera alors mis en place avec le support de l'aide militaire et économique des puissances occidentales. L'Afghanistan se transformera en un point d'ancrage continental pour les États-Unis et l'OTAN à l'instar du rôle joué par Israel au Moyen Orient et par la Colombie en Amérique latine.
On peut entrevoir à l’horizon, cependant, une chute lente et inexorable de l'Occident qui s'inscrira dans un mouvement logique obéissant aux contingences créées par son poids démographique de plus en plus faible dans l'ensemble mondial. Des enjeux de forte intensité seront necessaires pour mobiliser l’économie mondiale derrière le maintien de l’hégémonie des grandes puissances. Le déclenchement d’une guerre nucléaire contre l’Iran et la Corée du Nord? Un autre 11 septembre? Une invasion musclée du Venezuela? Pour les stratèges du Pentagone et de la Maison Blanche aucune option ne sera exclue pour sauvegarder les intérêts de la première puissance mondiale.


 Source www.mondialisation.ca/ ICI

 Références
AFP. 2010. En bref. Le coût de la faim. ActionAid. Le Devoir.com, le 14 septembre 2010, p. B5. En ligne: http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/296116/en-bref-le-cout-de-la-faim
AFP-GENÈVE. 2010. Un rapport de la Croix-Rouge Internationale. Un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles. Ces populations sont les plus vulnérables aux catastrophes. Journal Le Devoir, le 22 septembre 2010, p. B7.
AFP-GENÈVE. 2010. Cri d'alarme de la CNUCED. Le nombre de pays très pauvres a doublé en quarante ans. Journal le Devoir, le 26 septembre 2010, p. A7.
AFP-GENÈVE. 2010. Les catastrophes ont coûté 222 milliards à l'économie mondiale. Journal Le Devoir, le 1er décembre 2010, p. B5.
ARTHUS-BERTRAND, Yann. 2009. HOME. Déchiffrer. S’informer. Débattre. Comprendre. Agir. Paris, Mame. 2009. 190 pages.
DUFOUR, Jules. 2009. Une guerre mondiale au secours de l'Empire américain. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 3 mars 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12533
DUFOUR, Jules. 2009. Le grand réarmement planétaire. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 5 mai 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13162
ENGDAHL, J.F., 2010. La géopolitique derrière la guerre bidon des États-Unis en Afghanistan. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 2 novembre 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15909
FAO. 2010. 925 millions de personnes victimes de faim chronique dans le monde. Malgré une amélioration, ce niveau demeure “inacceptable”. Espace Presse. Le 14 octobre 2010. En ligne: http://www.fao.org/news/story/fr/item/45232/icode/
GEDILAGHINE, Igor. 2010. Les dépenses militaires mondiales ne connaissent ni crise ni effet Obama. AFP. France-Amérique. Journal français des Amériques. Le 1er juin 2010. En ligne: http://www.france-amerique.com/articles/2010/06/01/les_depenses_militaires_mondiales_ne_connaissent_ni_crise_ni_effet_obama.html
SHAH, Anup. 2010. World Military Spending. Global Issues.org. Social, Political, Economic and Environmental Issues That Affect Us All. Le 7 juillet 2010. En ligne: http://www.globalissues.org/article/75/world-military-spending#WorldMilitarySpending
WIKEPÉDIA. 2010. Deepwater Horizon. En ligne: http://fr.wikipedia.org/wiki/Deepwater_Horizon 

Sites Internet
Laboratoire Européen d'Anticipation Politique/Europe2020 (Leap/E2020): http://fr.wikipedia.org/wiki/Leap/Europe2020
List of countries by military Expenditures. En ligne: http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_military_expenditures
Worldometers - statistiques mondiales en temps réel: http://www.worldometers.info/fr/


 
Jules Dufour, Ph.D., est président de l'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l'Université du Québec à Chicoutimi,   membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l'Ordre national du Québec. Il est associé de recherche au CRM (Centre de recherche sur la Mondialisation).

Jules Dufour est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Jules Dufour publiés par Mondialisation.ca



 

Les gouvernements européens se mettent à genoux devant le grand capital financier...



Entrevue avec le politologue Atilio Boron
Atilio Boron est professeur de théorie politique à la Faculté de sciences sociales de l`Université de Buenos Aires et chercheur au Conseil national d`investigations scientifiques  et techniques (CONICET) d`Argentine. Il dirige le Programme latino-américain d`éducation à distance et de sciences sociales (PLED). En 2009 il obtint le Prix de l`Unesco José Martí. Auteur de nombreux ouvrages dont le plus récent est, en collaboration avec Andrea V. Vlahusic :  « Le coté obscure de l`Empire. La violation des Droits Humains par les États Unis », (Ed. Luxemburg, Buenos Aires.)   


Fidel Castro à qui vous lie de forts liens d`amitié, vous a invité après le colloque « L`Amérique Latine et les Caribes : l´indépendance des métropoles et l`intégration émancipatoire » de La Havane (22-24 Novembre) avec d`autres intellectuels, à un déjeuner. Entre autre, vous avez parlé des changements prévues dans l`économie cubaine. Quels en seront les principaux aspects ? 

Sur le plan de politique intérieure, Fidel Castro souligna l`importance des changements économiques qu`on est en train de proposer. Il signala le fait que la Révolution doit actualiser son modèle économique socialiste si elle veut survivre. Il répéta qu`il ne craignait pas tellement une agression extérieure de la part des Etats-Unis que les processus de démantèlements internes, résultant de l`incapacité économique cubaine de satisfaire les nécessités de sa population. Il réitéra que le prochain congrès du Parti Communiste Cubain approuvera un paquet de réformes qui approfondiront le socialisme, le transposant à l`époque actuelle ce qui ne sera en aucun cas une attaque contre « les conquêtes historiques de la Révolution. » 

Prenant comme point de repère des documents du Pentagone, de la CIA et du Département d`Etat nord-américain où les Etats-Unis définissent leur position belligérante pour les prochaines 30-40 années, dans votre exposé de La Havane vous avez démontré que « l`Empire est disposé à défendre bec et ongles les privilèges dont il a profité pour le moins jusqu`à la moitié du XXe siècle. » 

Je faisais allusion à une série de documents dont la totalité signale les difficultés de l`Empire nord-américain à survivre sans renoncer aux privilèges dont il a profité durant ces dernières cinquante années. Tout indique que ce monde a déjà disparu et que l`actuel est pollué de rivaux et de concurrents qui peuvent interférer dans les projets des Etats-Unis. En conséquence, le pays doit se préparer à une longue période de guerres afin de préserver une part - pas toute - de  l`influence qu`il a su préserver depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. 

La nouvelle et très forte pression sur l`Amérique Latine et les Caraïbes se manifeste par l`implémentation d`une vingtaine de bases militaires allant de l`extrême nord de la Mer des Caraïbes jusqu`au Iles des Malouines au Sud, 7 bases en Colombie, 4 au Panama, 2 au Paraguay et bien d`autres. En fait, le Venezuela est entouré de bases puisque, hormis les colombiennes, il s`y trouve deux à peu de kilomètres de ses plages: les bases d`Aruba et du Curaçao,  deux colonies de la Hollande, ancienne puissance européenne qui a facilité ses installations à la Maison Blanche afin qu`elle puisse agresser le Venezuela de façon effective et à moindre coûts. Ajoutez à cela la réactivation de la puissante IVe Flotte étatsunienne, composée de navires de toutes sortes, aptes à naviguer  dans les « eaux bleues » du littoral maritime  latino-américain et dans nos grands fleuves intérieurs. Les Etats-Unis promeuvent de nouveau des coups d`état militaire dans la région avec le but de contrôler totalement l`Amérique Latine. Ce fait est signalé depuis de nombreuses années par Noam Chomsky, divers documents du Pentagone, du Département d`état et de la CIA ne font que le confirmer.  

Quoique la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton demandait à ses ambassadeurs d`espionner d`importants hommes politiques, pour avoir communiqué quelques 250.000 documents à cinq journaux néolibéraux,  les Etats-Unis et leurs alliés européens accusent Wikileaks de «mettre en danger la diplomatie internationale ».  De quelle genre de diplomatie s`agit-il?

Les accusations des Etats-Unis ainsi que de sa clientèle politique européenne manquent complètement de substance. Ce que Wikileaks a révélé jusqu`à présent a peu d`importance, sauf : a) la preuve que Washington soumet le siège de l`Organisation des Nations Unies de New-York et probablement aussi le domicile privé de son Secrétaire général à un espionnage illégal, ce qui constitue une très grave violation à la sécurité et à la légalité internationale. Ce fait a été  dénoncé seulement par quelques pays d`Amérique Latine mais, au déshonneur de l`Europe, par aucun des ses gouvernements. L`Europe trahi ainsi sa condition d`héritière de l`enseignement d`Emmanuel Kant concernant l`ordre légal qui devrait régir la Planète. 

Souvenons-nous que pour beaucoup moins, Richard Nixon a du renoncé à la présidence des Etats-Unis. Le scandale de Watergate est un jeu d`enfant face aux agissements du Prix Nobel de la Paix, Obama, envers l`ONU. b) Madame Clinton était parfaitement au courant qu`au Honduras avait eu lieu ce que son propre ambassadeur, Hugo Llorens, nomma dans ses dépêches « un coup d`État », mais elle n`accorda pas d`importance à ces informations. Elle mentit à tout le monde en affirmant que ce qui avait eu lieu était en concordance avec les préceptes constitutionnels, un fait qui souille son bureau ainsi que la Maison Blanche du péché de mensonge. c) l`obstination de Washington afin d`empêcher l`affermissement des processus d`intégration nationale en Amérique Latine, disséminant des intrigues et créant de faux affrontements entre les pays de cette zone. De cette façon les USA prouvent leur fidélité au précepte de l`Empire Romain: « divise et tu vaincras ». Actuellement ses plans sont visibles et génèrent une réaction contraire. Il  devient évident que la diplomatie des Etats-Unis n`est rien d`autre qu`une perverse combinaison de mensonges, de corruption, d`extorsions et d`agressions.

La conférence intitulée « Danger dans les Andes » qui eut lieu au Capitole de Washington le 17 novembre, a réuni des membres du Congrès,  républicains et démocrates à des terroristes latino-américains et cubains qui entre autre, financèrent des putschs au Venezuela, en Bolivie, au Honduras, en Equateur ainsi que des attaques contre Cuba. Quelle signification a cette conférence pour les pays de l`ALBA (1)?

Cette réunion expose clairement - non seulement pour les pays de l`ALBA, mais pour tout homme ou femme de bonne volonté - , la gravissime menace qui pèse sur l`Amérique Latine et les Caraïbes lorsque des terroristes avérés, ainsi que leur représentants politiques et financier (telles les institutions d`extrême droite National Endowment for Democracy, International Republican Institut ou le Hudson Institute, MR) se réunissent au siège du Congrès des Etats-Unis pour échanger des opinions et des expériences relatives aux meilleures moyens de mettre fin aux gouvernements démocratiques de la région. S`il y avait une justice aux USA, une bonne partie de ces personnages devraient être sous les verrous, accusée de complicité ou bien de faire l`apologie de la violence et, dans certains cas, d`homicide. Face à cette dégradation morale de l`Empire, les pays de l`ALBA ainsi que tous les autres de l`Amérique Latine, doivent être extrêmement attentifs face aux tentatives de coups d`état, d´essais de  déstabilisation ou de séparatisme encouragés par Washington et par les secteurs de la droite la plus réactionnaire de nos pays. Attentifs aussi à la complicité de quelques pays européens préférant détourner leurs yeux face à des faits répugnants pour la conscience humaniste universelle, qui dans le passé a donné à la culture européenne de brillants représentants. 

Pendant que « le fléau néolibéral » - duquel vous nous faite une mordante analyse dans votre étude « Le Socialisme du XXIe Siècle » (2) -  imposé par l`Union Européenne depuis la chute du Mur de Berlin, appauvri des millions de citoyens, les gouvernements révolutionnaires du Venezuela, de  Bolivie, de l`Équateur et du Nicaragua ainsi que leur peuples, introduisent des réformes politiques inédites dans leur histoire. Quelle feuille de route suivent-ils?

Je crois que la clé se trouve dans le fait que ces gouvernements ont décidé de se détourner complètement des recettes économiques néolibérales qui ont semé  tragédies et misère dans les pays d`Amérique Latine et des Caraïbes. Le livre du président de l`Equateur Rafael Correa, intitulé « Equateur.  D`une République Bananière à une Non-République », fait une synthèse extraordinaire de ce que ces politiques ont détruit. Elles ont anéanti nos économies, ont pillé nos ressources, ont transféré les richesses de nos pays au grand capital financier et à ses alliés et ont appauvri la classe moyenne, réduisant les secteurs populaires à l`indigence. Les leaders « bolivariens » eurent l`intelligence et l`audace de lutter contre les intérêts établis, de placer l`économie au service de la société, de recouper avec méticulosité les privilèges du marché et, surtout, de désobéir aux conseils des grandes bureaucraties internationales telles le FMI (Fond Monétaire International), la BM (Banque Mondiale) le BID (Banque Internationale de Développement), auteures intellectuelles du pillage de nos pays. En plus, ces grands leaders ont renforcé les protagonistes des masses, au lieu de renvoyer les gens chez eux. Ils perfectionnèrent les institutions démocratiques en introduisant de nombreuses consultations populaires sous forme de plébiscites, référendums, élections révocatoires du mandat. De cette façon, un président comme Rafael Correa a convoqué - et gagné - six élections nationales en quatre ans! Hugo Chávez convoqua seize élections générales en onze ans et gagna quinze d`entre elles. Le record d’Evo Morales s`apparente à celui de Correa. Quel gouvernant européen atteint actuellement un tel degré de légitimité? La grande presse qualifie toutefois ces gouvernants d`Amérique Latine de « dictateurs » ou bien, dans le meilleurs des cas, « d`autoritaires ».

Nous avons vu avec surprise et gêne comment le FMI - qui des décades durant ne s`est pas mêler des politiques publiques européennes - apparait maintenant pour aux gouvernements de Grèce, d`Irlande et d`Espagne ce qu`ils doivent faire. Invariablement mise au service du grand capital financier et de leurs oligopoles transnationaux, les recettes perverses du FMI ont été appliquées en Amérique Latine avec des résultats  catastrophiques. Nous avons du mal á croire que les peuples d`Europe acceptent de se soumettre au mandat du FMI. Mais leurs gouvernements ont abdiqué toute prétention de souveraineté et l`unique chose à laquelle ils sont disposé à se soumettre, est de s`agenouiller devant les exigences du grand capital financier.

Manola Romalo

(1) »ALBA : l`Alliance Bolivarienne pour les peuples de nos Amériques » réuni les pays nommées ci-dessus sauf le Honduras  qui,  à la suite du coup d´Etat militaire qui a dérogé son président légitime, Manuel Zelaya, a été suspendu par les pays de l`ALBA, se retirant en janvier 2010 après des élections présidentielles truquées, ainsi que: Cuba, Nicaragua, Antigua, les Barbuda, Dominique, San Vicente et les Grenadines.
(2) Ouvrage publié en octobre 2010 en Allemagne: Atilio Boron: „Den Sozialismus neu denken. Gibt es ein Leben nach dem Neoliberalismus?“ VSA-Verlag, Hamburg, ISDN 978-3-89965-423-3
(3) Rafael Correa: “Ecuador. De banana Republic a No República.”(Random House, 2010) 

 Articles de Manola Romalo publiés par Mondialisation.ca

La FEMA encourage les Américains à être prêts en 2011...




* Une résolution pour la nouvelle année devrait être de préparer votre famille à toutes formes de situations d’urgence.  Cette conviction ne devrait pas naître d’un sentiment de panique, mais tout simplement la manifestation d’un esprit doté d’intelligence et de sagesse!

 

Avec la nouvelle année qui approche, l’Agence Fédérale de gestion des urgences (FEMA) encourage les citoyens américains à se préparer à faire face à toutes éventualités.  Un programme de la FEMA, « Soyez prêts en 2011″, est un effort national pour sensibiliser les individus, les familles, les entreprises et les communautés à tous les hasards qui pourraient se produire et ce, dans le but de sauver des vies.

 

Des situations d’urgence peuvent se produire n’importe où et n’importe quand, que ce soit des désastres naturels ou tous autres situations venant mettre en péril la sécurité des citoyens, déclare ce programme.  La FEMA incite donc tous les américains à avoir en main une trousse d’urgence, un plan pour leur famille et à être aux aguets des informations locales.

 

Site du programme de la FEMA:

 


  Source noxmail.us/ ICI


Lecture +:

 




Crise alimentaire - Comment Wall Street affame le monde...




envoyé par Cosmo765


Amy Goodman, sur Democracy Now, interroge Frederick Kaufman, rédacteur du Harper’s Magazine, qui vient de publier une enquête intitulée : "La bulle alimentaire : comment Wall Street a affamé des millions de personnes dans le monde sans être inquiété."

Vidéo en copie de sauvetage sur Viddler ICI


lundi 27 décembre 2010

Le darwinisme et l’holocauste nazi...

par Jerry Bergman, Ph.D.


Introduction

Les chefs nazis et les grands biologistes allemands du début du XXe siècle ont révélé dans leurs écrits que la théorie de Charles Darwin et ses publications ont eu une influence majeure sur la politique nazie. Hitler croyait que le bassin de gènes humains pouvait être amélioré par l’utilisation d’un élevage sélectif semblable à celui que les éleveurs pratiquent afin de produire des races de bétail supérieures. Dans la formulation de ses politiques raciales, le gouvernement hitlérien reposait en grande partie sur le darwinisme, en particulier sur les élaborations de Spencer et Haeckel. Il en résulte que l’une des politiques centrales de l’administration hitlérienne était le développement et l’implantation de politiques visant à protéger la «race supérieure». Ceci menait à empêcher les «races inférieures» de se mêler à celles qui étaient jugées supérieures, dans le but de réduire les risques de contamination du bassin de gènes humains ci-haut mentionné. La croyance en une «race supérieure» était fondée sur la théorie de l’inégalité de groupe à l’intérieur de chaque espèce, une présomption majeure et une exigence de la théorie darwinienne de la «survie des plus forts.» Cette philosophie a mené à la « solution finale », l’extermination d’environ six millions de Juifs et quatre millions d’autres individus issus de races jugées inférieures par les scientifiques allemands.


L’un des nombreux facteurs ayant mené à l’holocauste nazi et à la Seconde Guerre mondiale, l’une des guerres les plus importantes, a été la notion darwinienne selon laquelle le progrès s’installe lorsqu’il y a élimination des plus faibles dans le combat pour la survie. Même s’il n’est pas simple d’évaluer les motifs confus d’Hitler et de ses partisans, des eugénismes inspirés de Darwin y ont certainement joué un rôle critique. Le darwinisme a justifié et a encouragé les visions nazies de la guerre et de la race. Si le parti nazi avait simplement accepté et agi conformément à la croyance que tous les êtres humains sont des descendants d’Adam et Ève et qu’ils sont égaux aux yeux du Dieu Créateur, comme la chose est enseignée dans l’Ancien et le Nouveau Testament, l’holocauste ne se serait jamais produit.

Effacer la doctrine judéo-chrétienne de l’origine divine des humains en la remplaçant par le darwinisme dans la théologie libérale allemande et ses écoles, a ouvertement contribué à l’acceptation générale du darwinisme social, qui a mené à la tragédie de l’holocauste.[1] La théorie de Darwin, telle que modifiée par Haeckel,[2] [3] [4] [5] [6] Chamberlain[7] et les autres, a clairement participé à la mise à mort de plus de neuf millions d’individus dans les camps de concentration, et environ quarante millions d’autres être humains tout au long d’une guerre qui a coûté à peu près six trillions de dollars. En outre, la raison principale pour laquelle le nazisme s’est étendu jusqu’à l’holocauste est que le darwinisme social était massivement accepté par les communautés scientifiques et académiques. [1] [8] [9] [10]

Au cœur même du darwinisme réside une croyance où l’évolution agit par le biais de la survie différentielle des plus forts, ou des individus supérieurs. Ceci nécessite des différences parmi les individus d’une même espèce, qui, avec le temps, deviennent si grandes que les individus qui comportent les caractéristiques avantageuses –les plus forts- ont plus de chances de survivre. Même si les différences qui forment les races peuvent être très minimes au début, les taux de survie différentielle produisent des races distinctes lors d’un procédé appelé la spéciation, ou le développement d’une nouvelle espèce.

L’idéal égalitaire qui marque aujourd’hui l’idéologie occidentale, «tous les êtres humains ont été créés égaux,» n’a pas toujours été accepté par toutes les nations et cultures.[11] Une force majeure s’étant opposée à cette vision est le mouvement eugénique du darwinisme social, en particulier la cruelle vision de la «survie des plus forts.»[10] [12]

Comme l’a noté Ludmerer, la conception d’une qualité héréditaire raciale améliorée par l’élevage sélectif date de La République de Platon.

«[…]La pensée des eugénismes modernes n’a paru qu’au dix-neuvième siècle. L’émergence d’un intérêt pour les eugénismes pendant ce siècle a plusieurs sources. La plus importante est la théorie de l’évolution, car les idées de Francis Galton sur les eugénismes –il est l’auteur du terme «eugénisme»- étaient des rejetons logiques liés directement à la doctrine scientifique élaborée par son cousin, Charles Darwin.» [13]

La politique du gouvernement nazi était clairement influencée par le darwinisme, le Zeitgeist de la science et de la société cultivée de l’époque.10 Ceci peut être évalué par l’examen de documents existants, d’écrits et d’objets d’art produits par l’Allemagne nazie du vingtième siècle et ses nombreux partisans scientifiques. Keith en a conclu que le traitement réservé aux Juifs et aux autres races, alors considérées «inférieures» par les nazis, résultait en grande partie de la croyance selon laquelle le darwinisme offrait de profondes réflexions et informations, qui pourraient être utilisées pour améliorer l’humanité d’une façon significative.[14] Tenenbaum a remarqué que la philosophie politique de l’Allemagne nazie était construite sur une croyance où les éléments essentiels au progrès évolutif étaient :

«… la lutte, la sélection et la survie du plus apte, notions et observations présentées par Darwin […] mais qui fleurissaient déjà dans la philosophie sociale allemande du dix-neuvième siècle. […] Ainsi s’est développée la doctrine selon laquelle l’Allemagne avait le droit intrinsèque de régner sur le monde sur la base d’une force supérieure, […] ce qui créait une relation ‘de marteau et enclume’ entre la Reich et les nations plus faibles.»[15]

Adolf Hitler et Heinrich Himmler passent en revue les troupes SS durant les cérémonies du parti Reich à Nuremberg, Allemagne, 1938.
Collection Estelle Bechoefer, Archives photographiques USHMM

L’importance de la race pour le darwinisme

La théorie de l’évolution est basée sur la notion suivante : certains individus développeront des caractéristiques uniques qui leur permettront de mieux survivre dans les conditions difficiles. Les individus supérieurs seront plus aptes à survivre et à léguer ces caractéristiques à leur descendance, et ainsi, ces particularités se propageront, alors que les individus «plus faibles» diminueront et s’éteindront progressivement. Si chaque membre d’une espèce était tout à fait égal à un autre, la sélection naturelle ne pourrait rien sélectionner, et l’évolution cesserait pour cette espèce.

Ces différences produisent graduellement des groupes nouveaux, et certains d’entre eux sont avantagés en termes de survie. Ces nouveaux groupes deviennent les «groupes supérieurs» ou encore, les races «plus évoluées.» Lorsqu’une caractéristique se répand dans toute la race, à cause de l’avantage de survie de cette race, une forme animale supérieure apparaît. Hitler et le parti nazi ont déclaré que l’un de leurs buts premiers était d’appliquer cette «science» à la société. Et «l’idée centrale du darwinisme n’était pas l’évolution, mais la sélection. L’évolution […] décrit les résultats de la sélection.»[16] Hitler a affirmé que pour produire une meilleure société, «Nous [les Nazis] devons comprendre et coopérer avec la science.»

En tant que race supérieure à toutes les autres, les Aryens croyaient que leur prédominance évolutive ne leur donnait non seulement le droit, mais le devoir de s’assujettir tous les autres peuples. La race était un point majeur dans la philosophie nazie; Tenenbaum a conclu qu’ils incorporaient le darwinisme :

«[…] dans leur système politique, sans y supprimer quoi que ce soit. […] Leur dictionnaire politique regorgeait de termes tels espace, lutte, sélection et extinction (Ausmerzen). Leur raisonnement était exprimé d’une manière très claire : le monde est une jungle dans laquelle les différentes nations luttent pour l’espace. La plus forte gagne, les plus faibles meurent ou sont éliminés.»[17]

Lors du rassemblement du parti Nuremberg en 1933, Hitler a proclamé qu’ «une race supérieure s’asservit une race inférieure […] un droit que l’on observe dans la nature et qui peut être considéré comme le seul droit concevable» car il était fondé sur la science.[15]

Hitler croyait que les humains étaient des animaux pour lesquels les lois de la génétique observées dans l’élevage du bétail pouvaient être appliquées. Les Nazis croyaient qu’au lieu de permettre aux forces naturelles et au hasard de contrôler l’évolution, ils devaient diriger le processus afin de permettre à la race humaine de se perfectionner. La première étape était d’isoler les «races inférieures,» afin de les empêcher de contaminer le bassin de gènes aryens. Le support général du public pour cette politique était un résultat de la croyance, fréquente dans les classes éduquées, que certaines races étaient génétiquement inférieures, comme le «prouvait» la science du darwinisme. Les Nazis croyaient qu’ils appliquaient simplement des faits prouvés par la science afin de produire une race d’hommes supérieurs, une partie de leur plan visant à produire un monde meilleur : «L’affaire de la constitution d’état était les eugénismes, ou la sélection artificielle- la politique était en fait de la biologie appliquée.»[18] [19]

Dès 1925, Hitler a esquissé une conclusion à sa démarche dans le quatrième chapitre de Mein Kampf : il y disait que le darwinisme était la seule base solide pour une Allemagne prospère. Le titre de l’ouvrage lui-même, Mein Kampf- Mon combat en français- fait directement référence au principe de la lutte pour la survie. Comme Clark l’a écrit, Adolf Hitler :

«[…] était captivé par l’enseignement évolutionniste- probablement depuis l’enfance. Les idées évolutionnistes, nullement dissimulées, se tiennent à la base de tout ce qu’il y a de pire dans Mein Kampf et dans les discours publics d’Hitler. […] Hitler déclarait […] qu’une race supérieure en conquiert toujours une inférieure.» [20]

Et Hickman ajoute qu’il n’y a aucune coïncidence dans le fait qu’Hitler :

«[…] était un fervent croyant et prédicateur de l’évolution. Malgré les profondes complexités de sa psychose, il est certain que [le concept de la lutte était important car] son ouvrage Mein Kampf, présente un grand nombre d’idées évolutionnistes, en particulier celles qui renforcent les notions de lutte, survie du plus apte et extermination des faibles en vue de produire une société meilleure.» [21]

En outre, la croyance selon laquelle l’évolution peut être contrôlée par les scientifiques afin de produire une «race supérieure,» était le leitmotiv central du nazisme. Plusieurs autres sources ont inspiré

«[…] l’idéologie nazie. Mais l’engrenage d’idées et de cauchemars qui formait [...] les politiques sociales de l’état nazi, et jusqu’à un certain point, ses politiques militaires et diplomatiques, peuvent être clairement comprises à la lumière de son vaste programme racial.»[22]

La vision nazie concernant l’évolution darwinienne et la race était conséquemment une part majeure de la combinaison fatale d’idées et d’événements qui ont produit l’holocauste et la Seconde Guerre mondiale :

«L’un des piliers de la théorie et de la doctrine nazie était […] la théorie de l’évolution [et] …la notion selon laquelle toute biologie a évolué en s’améliorant, que […] les types moins évolués […] doivent être activement éradiqués [et] …que la sélection naturelle peut et devrait être aidée d’une manière active; ainsi, ils [les Nazis] ont institué des mesures politiques afin d’éliminer […] les Juifs et […] les Noirs, qu’ils considéraient comme ‘sous-développés.’» [23]

Des termes tels «race supérieure,» «types humains inférieurs,» «pollution de la race,» et le mot évolution lui-même, (Entwicklung) étaient souvent utilisés par Hitler et les chefs nazis. Ses opinions sur la race n’étaient pas issues d’études scientifiques douteuses comme on l’entend souvent, mais venaient plutôt

«[…] d’un darwinisme social allemand pur, d’un type fort reconnu et accepté à travers toute l’Allemagne et qui, de plus, était considéré comme scientifiquement véridique par la plupart des Allemands, y compris les scientifiques. Des études plus récentes sur Hitler et le socialisme national démontrent que [leur application de la théorie de Darwin] était la caractéristique spécifique du nazisme. La «bio-politique» socio-nationale [était] basée sur une croyance ‘mystico-biologique’ dans l’inégalité raciale, un monisme, un nihilisme moral anti-transcendant basé sur une lutte éternelle pour l’existence et la survie du plus apte en tant que loi de la nature, et l’utilisation conséquente du pouvoir de l’état pour une puissance publique de la sélection naturelle…»[24]

La philosophie selon laquelle les humains peuvent contrôler et même utiliser le darwinisme pour produire des êtres humains «supérieurs,» est mentionnée à répétition dans les écrits et les discours des chefs nazis.[25] Atteindre le but darwinien pour le monde exigeait une élimination impitoyable des moins forts à travers une attitude carrément barbare :

«Le programme de base du darwinisme social allemand [était] que l’homme n’était qu’un morceau de la nature n’ayant aucune qualité transcendante particulière ou une humanité spéciale. D’un autre côté, les Allemands étaient membres d’une communauté biologiquement supérieure […] la politique n’était qu’une application directe des lois de la biologie. Haeckel et ses compatriotes du darwinisme social ont amené les idées qui deviendraient les hypothèses centrales du socialisme national. […] L’affaire de la corporation de l’état était les eugénismes ou la sélection artificielle.» 18

Hitler a même déjà déclaré que nous, les Nazis, «sont des barbares ! Nous désirons être barbares. C’est un titre honorable [car par lui,] nous revigorerons le monde»[26] Hitler, en tant qu’évolutionniste, «cherchait consciemment à rendre la politique allemande conforme à la théorie de l’évolution» [27] Keith ajoute que :

«Si la guerre est l’un des rejetons de l’évolution –et je suis convaincu qu’elle l’est- alors l’évolution est «devenue folle,» atteignant un tel niveau de férocité qu’elle frustre son propre rôle dans le monde de la vie –ce qui est l’avancement de ses «troupes» en compétition, les tribus, les nations ou les races de l’humanité. Il n’y a qu’une façon de se débarrasser de la guerre, et c’est de débarrasser l’humanité des sanctions imposées par la loi de l’évolution. L’homme peut-il [...] mener la loi de l’évolution à un niveau nul ou vide ? [...] J’ai découvert qu’il n’existe aucune voie qui soit possible et praticable à la fois. ‘On ne peut pas s’échapper de la nature humaine.’ Parce que l’Allemagne a bu le vin de l’évolution jusqu’à sa dernière goutte, et que dans sa débauche évolutionniste elle a plongé l’Europe dans un bain de sang, cela ne prouve pas que la loi de l’évolution soit mauvaise. Une loi qui a mené l’homme en dehors de la jungle et en a fait le roi des bêtes ne peut pas être entièrement mauvaise.»[28]

Les Juifs allemands et le darwinisme

L’entreprise eugénique allemande était moins antisémite à ses débuts que le leadership britannique. La plupart des premiers eugénistes allemands croyaient que les Juifs allemands étaient des Aryens, et conséquemment, le mouvement eugéniste était soutenu par plusieurs professeurs et docteurs juifs en Allemagne et à l’étranger. Ce n’est que très graduellement que les Juifs ont été incorporés dans la théorie eugénique allemande et ses lois.

Les visions racistes du darwinisme se sont également infiltrées dans plusieurs sphères de la société allemande de manière fort progressive, sphères qu’elles n’avaient point affectées auparavant.[9] La Ligue Pan allemande, dévouée à «maintenir la pureté raciale allemande» n’était pas vraiment antisémite à l’origine et permettait aux Juifs assimilés d’être membres à part entière. Plusieurs eugénistes allemands croyaient que bien que les Noirs et les Gitans étaient de race inférieure, leurs théories raciales ne se comparaient pas à celles des Juifs, car ces derniers avaient atteint un niveau de succès significatif en Allemagne. Schleunes ajoute que vers 1903, l’influence des idées sur la race a pénétré le programme de la Ligue à un tel degré qu’en 1912, la Ligue a rapidement rejeté les Juifs sur la base de «principes raciaux.»[29]

En dépit de l’importance scientifique de ces visions raciales, elles n’ont eu qu’un effet limité sur les Juifs avant les années 1930. La plupart des Juifs allemands étaient fiers d’être allemands et se considéraient Allemands en premier lieu et Juifs ensuite. Plusieurs Juifs ont modifié les visions raciales de l’élite allemande en s’y infiltrant. Leur assimilation dans la vie allemande était telle que beaucoup croyaient que l’antisémitisme ne représentait aucune menace sérieuse pour leur sécurité. La majorité des Juifs étaient aussi convaincus que l’Allemagne était pour eux un havre de paix.[30] Beaucoup tenaient encore fermement au modèle créationniste de la Genèse et rejetaient les hypothèses et visions qui généraient du racisme, le darwinisme inclus. Ce qui s’est produit en Allemagne par après a évidemment été mal reçu par les généticiens et même les eugénistes juifs et d’autres groupes encore :

«Le mouvement eugénique a ressenti un mélange d’appréhension et d’admiration devant le progrès des eugénismes de Allemagne […] Mais les véritables détails des mesures eugéniques qui sont apparus après la montée d’Hitler au pouvoir n’étaient pas acceptés par tous. Les eugénistes désignaient les États-Unis comme un endroit où de strictes lois contrôlaient le mariage mais où il existait une forte tradition de liberté politique.»[31]

Enfants polonais emprisonnés à Auschwitz, Pologne, 1944
Archives photographiques USHMM

Les objectifs eugéniques d’Hitler
 
Les politiques nazies découlent moins d’une «haine» face aux Juifs ou autres peuples que de l’objectif idéaliste de préserver la race supérieure de la «pollution.» Hitler a élaboré ses visions darwiniennes en considérant le principe du plus fort tuant le plus faible, par exemple, un chat dévorant une souris. Il en a conclu que les Juifs devaient absolument être éliminés car ils entraînaient :

«…la détérioration d’autres peuples […] À la longue, la nature élimine les éléments nuisibles. L’on peut être scandalisé par cette loi de la nature qui exige que toutes choses vivantes se dévorent l’une l’autre. La mouche est happée par une libellule, qui est avalée par un oiseau, qui tombe lui-même sous les serres d’un oiseau plus grand […] Connaître les lois de la nature nous permet de lui obéir.»[32]

Hitler a ensuite dit que pour cette raison, les gouvernements devaient comprendre et appliquer les «lois de la Nature,» en particulier celle de «la survie du plus apte,» qui «a produit les races humaines dès l’origine, et qui est l’auteure de leur perfectionnement.» Le gouvernement devait donc aider à l’élimination des races inférieures ou du moins les mettre en quarantaine. Hitler a déclaré :

«S’il y a un commandement divin que je puis accepter, c’est celui-ci : ‘Tu conserveras l’espèce.’ La vie de l’individu ne doit pas être trop élevée. Si l’individu était si important aux yeux de la nature, la nature y prendrait garde et le protégerait. Des millions d’œufs qu’une mouche pond, très peu éclosent- et pourtant, la race des mouches survit.»[33]

Hitler était particulièrement déterminé à empêcher les Aryens de se reproduire avec des non-Aryens, une question qui a éventuellement mené à la «solution finale.» Une fois les races inférieures exterminées, Hitler croyait que les générations futures seraient infiniment reconnaissantes pour le perfectionnement que ces programmes avaient porté à l’humanité :

«Les Allemands étaient de race supérieure, destinés pour un futur évolutif glorieux. C’est pour cette raison qu’il était essentiel que les Juifs soient ségrégués; autrement, les mariages entre races différentes se seraient produits. Si cela s’était produit, tous les efforts de la nature visant ‘à établir un pallier évolutif supérieur auraient été futiles.’ (Mein Kampf).»[20]

Non seulement les individus sont-ils beaucoup moins importants que la race, les Nazis ont même conclu que certaines races n’étaient pas humaines, mais animales :

«Les Juifs, qualifiés de sous-humains, n’étaient plus des êtres. Il était juste et légal de les exterminer selon le point de vue collectiviste et évolutionniste. Ils n’étaient pas vus […] comme des personnes dans la vision du gouvernement allemand.»[34]

Il en résulte que le mouvement darwiniste était «l’une des forces les plus puissantes dans l’histoire intellectuelle allemande du dix-neuvième et vingtième siècle [et] peut être entièrement perçue comme un prélude à la doctrine du socialisme national [le Nazisme].»[35] Pourquoi l’évolution a-t-elle eu des effets plus rapides en Allemagne et s’est-elle enracinée plus profondément que nulle part ailleurs dans le monde ?


L’évolution utilisée pour justifier le racisme allemand déjà existant

Schleunes a noté de façon poignante que la raison pour laquelle la publication de l’œuvre de Darwin en 1859 a eu un impact immédiat en Allemagne et dans sa politique juive était que :

«La notion de lutte pour la survie […] légitimée par les visions scientifiques les plus récentes, justifiait les conceptions racistes de nations et peuples supérieurs ou inférieurs, et validait le conflit entre eux.»[36]

La révolution darwinienne et les œuvres de ses grands orateurs allemands et son scientifique le plus éminent, le professeur Haeckel, ont donné aux racistes quelque chose qu’ils croyaient être une puissante vérification de leurs visions raciales.[37] Le soutient de l’élite scientifique a permis à la pensée raciste de circuler avec beaucoup plus de vigueur qu’autrement, et a mené à l’immense satisfaction suivante : «Les préjugés étaient simplement des expressions de vérité scientifique.»[36]

Et les racistes pouvaient-ils trouver plus grande autorité pour soutenir leurs visions que la science elle-même ? Konrad Lorenz, l’un des scientifiques étudiant le comportement animal le plus réputé de l’époque, et souvent perçu comme le fondateur de son champ d’étude, a déclaré que :

«Tout comme pour le cancer, où le meilleur traitement consiste à éliminer la croissance parasite le plus rapidement possible, la défense eugénique contre les effets sociaux dysgéniques des sous-populations affectées est d’une nécessité limitée à des mesures tout aussi drastiques […] Lorsque ces éléments inférieurs ne sont pas efficacement éliminés d’une population [saine], alors –tout comme les cellules d’une tumeur maligne se répandent et prolifèrent à travers tout le corps humain- ils détruisent le corps hôte comme ils se détruisent eux-mêmes.» [38]

Les œuvres de Lorenz ont joué un rôle important dans le développement du programme nazi visant à éradiquer la «croissance parasite» des races inférieures. Les programmes gouvernementaux visant à assurer que le   »Volk allemand » conserve sa supériorité, rendaient le racisme presque intouchable. Même si King a déclaré que «l’holocauste prétendait avoir une base génétique scientifique»[39] la position du gouvernement et de l’élite universitaire de l’époque était si engagée que peu de scientifiques la remettaient sérieusement en question. Les attitudes antisémites du peuple allemand ne pouvaient prendre qu’une partie du blâme pour l’holocauste –tout n’a déboulé que lorsque le darwinisme a été ajouté à l’équation fatale des attitudes préexistantes.

Corps de prisonniers alignés dans une fosse commune Collection Marvin Springer, Archives photographiques USHMM

Les eugénismes atteignent des extrêmes

La première étape du programme eugénique était de déterminer quels groupes étaient supérieurs génétiquement; un jugement largement influencé par la culture. Les caractéristiques idéales étaient :

«… un type humain dont l’apparence avait été ainsi décrite par le théoricien racial Hans F.K. Günther : ‘blond, grand, au crâne allongé avec un visage étroit, un menton prononcé, un nez étroit à l’arête élevée, des cheveux soyeux, des yeux largement espacés et de couleur pâle, une peau de couleur rose blanchâtre.’» [40]

Bien que des observations superficielles permettent à la plupart des gens de faire une classification générale des races, les Nazis ont rapidement découvert qu’une exploration profonde rend l’identification raciale moins facile à déterminer. La plupart des groupes qu’ils tenaient pour inférieurs, tels les Slovaques, les Juifs, les Gitans et autres, se distinguaient difficilement de la race aryenne pure. Dans le processus de regroupement des individus selon leur race afin de sélectionner les «meilleurs,» les Nazis ont mesuré une grande variété de caractéristiques physiques dont la taille du cerveau. Les Nazis se fiaient surtout à l’œuvre d’Hans F.K. 
Günther, professeur de «science raciale» à l’Université de Jena. Bien que les «relations personnelles [de Günther] avec le parti étaient orageuses à certaines périodes, ses idées raciales étaient acceptées.» Ces idées étaient fortement soutenues par le gouvernement allemand et constituaient une importance influence dans la politique allemande.[41] Günther a reconnu que «bien qu’une race ne soit pas nécessairement pure, ses membres partagent certaines caractéristiques dominantes,» pavant ainsi la voie au stéréotype.[41]

Günther a conclu que tous les Aryens partagent un type nordique idéal qui crée un contraste avec les Juifs, qui constituent plutôt un mélange de plusieurs races. Günther a déclaré que la lignée généalogique, les mesures anthropologiques de crânes et les évaluations de l’apparence physique étaient tous des outils utiles à la détermination de la race. Même si l’apparence physique était la chose observée, «le corps est l’enveloppe de l’âme» et «l’âme est primaire.»[42] Des femmes ayant les traits raciaux supérieurs étaient sélectionnées et placées dans des foyers spéciaux où on les gardait enceintes aussi longtemps qu’elles restaient dans le programme. Néanmoins, des études tenues auprès de la descendance née de cette expérience ont démontré que le quotient intellectuel tendait à régresser vers la moyenne de la population et que celui de la progéniture était inférieur à celui des parents.

La théorie du mauvais sang

Le darwinisme n’a pas seulement influencé l’attitude nazie envers les Juifs, il l’a fait pour d’autres groupes culturels et ethniques également. Même les patients souffrant de maladies mentales ont éventuellement été inclus dans la liste des inférieurs, en partie à cause de la croyance selon laquelle l’hérédité avait une influence majeure sur les maladies mentales (peut-être avaient-ils du sang Juif ou non-aryen en eux), et devaient conséquemment être détruits. Poliakov indique que plusieurs intellectuels du début du vingtième siècle acceptaient le concept de la télégénie, où le mauvais sang «contaminerait une lignée raciale pour toujours»; «le mauvais sang élimine le bon, tout comme le mauvais argent remplace le bon.»[43] Seule l’extermination éliminerait les lignées génétiques inférieures de manière permanente, et permettrait ainsi l’évolution d’avancer.

Darwin a même fait une longue compilation de cas où il a conclu que le mauvais sang polluait toute une lignée génétique, l’entraînant à produire une progéniture impure à tout jamais. Un grand nombre de biologistes respectés, incluant Ernst Ruedin de l’Université de Munich et plusieurs de ses collègues tels Herbert Spencer, Francis Galton et Eugène Kahn, qui a plus tard été professeur de psychiatrie à Yale, défendaient activement l’argument héréditaire. Ces scientifiques étaient aussi les plus grands architectes des lois de stérilisation obligatoire allemande établies pour empêcher les gènes défectueux ou inférieurs de contaminer le bassin de gènes aryens. Par après, lorsque les individus aux «gènes inférieurs » ont aussi été jugés comme «d’inutiles déchets,» les tueries massives ont été justifiées. Les groupes jugés inférieurs s’étendaient graduellement jusqu’à ce qu’ils englobent une grande variété de races et de groupes nationaux. Plus tard, les vieillards maladifs, les épileptiques, les gens atteints de maladies mentales légères ou sévères, les sourds-muets et même certains patients atteints de maladies mortelles ont été inclus dans la liste des «inférieurs.» [44] [1]

Les individus avant des caractéristiques mongoloïdes ou négroïdes, les Gitans, et ceux qui ne passaient pas le test de phrénologie ingénieusement conçu en fonction des opinions racistes, ont ensuite été inclus dans les groupes jugés inférieurs. L’on connaît aujourd’hui que ces tests n’avaient aucune valeur fiable.[45] Après que Jesse Owens ait gagné quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936, Hitler a reproché aux Américains d’avoir même permis à des Noirs de s’inscrire dans la compétition.[46]

Certains évolutionnistes ont même encouragé la vision selon laquelle les femmes étaient inférieures aux hommes sur le plan évolutif. Le docteur Robert Wartenberg, qui est devenu plus tard un grand professeur de neurologie en Californie, a tenté de prouver l’infériorité des femmes en déclarant qu’elles ne pouvaient pas survivre si elles n’étaient pas «protégées par les hommes.» Il a conclu que puisque les femmes faibles n’étaient pas éliminées aussi rapidement à cause de cette protection, un taux évolutif plus faible était observable, et pour cette même raison, la sélection naturelle agissait avec moins de puissance sur les femmes. Il y avait peu de clarté à savoir comment les «faibles» seraient sélectionnés pour l’élimination ou quels étaient les critères qui déterminaient ce que l’on considérait comme «faible.» Les femmes de l’Allemagne nazie n’avaient pas accès à plusieurs professions, et la loi exigeait d’elles qu’elles se conforment à un rôle féminin traditionnel. [47]

L’évolution et la guerre en Allemagne Nazie

Le darwinisme n’a pas seulement offert aux Allemands une interprétation significative de leur passé militaire récent, il leur a aussi fourni une justification pour des agressions futures : «Le succès militaire allemand dans les guerres bismarckiennes se glisse très bien dans les catégories darwiniennes […] de la lutte pour la survie, [démontrant] l’aptitude supérieur de l’Allemagne.»[48] La guerre était une force positive, non seulement parce qu’elle éliminait les races «inférieures,» mais parce qu’elle éliminait aussi les membres plus faibles des races «supérieures.» Hitler a déclaré sans gêne qu’il intentait de produire une race supérieure, mais il se fiait aussi à la pensée darwinienne pour édifier ses politiques d’extermination et de guerre.[25] L’Allemagne nazie, se basant entre autres sur cet argument, glorifiait ouvertement la guerre, car elle était un moyen efficace d’éliminer les moins forts de la race supérieure, une étape nécessaire à l’évolution de la race. Clark conclut, en citant plusieurs passages de Mein Kampf, que :

«L’attitude d’Hitler envers la Ligue des Nations et la question de guerre ou de paix était basée sur les mêmes principes. ‘Une cour mondiale […] ne serait qu’une farce […] tout le monde naturel constitue une puissante lutte entre la force et la faiblesse –une victoire éternelle du fort aux dépends du faible. Il n’y aurait que de la pourriture dans toute la nature s’il n’en était pas ainsi. Les États qui [violent] cette loi élémentaire tomberont en pourriture. […] Celui qui veut vivre devra se battre. Celui qui refuse de se battre dans ce monde où la lutte permanente est la loi de la vie n’a pas le droit d’exister.’ Penser autrement est comme ‘insulter’ la nature. ‘La détresse, la misère et la maladie seront ses répliques.’» [49]

Le prestige allemand, a assuré Hitler, résultait surtout du fait qu’ils étaient belliqueux et qu’ils avaient ainsi éliminé leurs membres inférieurs durant des siècles.[50] Bien que les Allemands n’aient pas été étrangers à la guerre, cette nouvelle justification donnait beaucoup de force à leurs politiques. La vision selon laquelle l’éradication des faibles est une source majeure d’évolution a été bien exprimée par Wiggam :

«[…] à une certaine époque, l’homme n’avait guère plus de cervelle que ses cousins anthropoïdes, les primates. Mais, en frappant, en mordant et en se battant […] en déjouant ses ennemis et par le fait que ceux qui n’avaient pas suffisamment de force et de sens pour suivre étaient tués, le cerveau de l’homme est devenu énorme, et il s’est développé en agilité comme en sagesse, si ce n’est pas en taille […]»[51]

En d’autres mots, la guerre a un effet positif à long terme, car c’est uniquement par des conflits fatals que les hommes peuvent évoluer. Hitler a même déclaré vérité la contradiction selon laquelle la civilisation humaine telle qu’on la connaît n’existerait pas si ce n’était de guerres constantes. Et plusieurs scientifiques réputés de l’époque ont ouvertement défendu cette vision : Haeckel avait l’habitude de louanger les Spartiates, peuple de l’Antiquité qu’il considérait comme prospère et supérieur à cause de sa sélection biologique approuvée socialement. En tuant tous les enfants qui n’étaient pas «forts et parfaitement sains,» les Spartiates étaient «constamment dans un excellent état de force et de vigueur.»[52] L’Allemagne devait, selon lui, suivre cette coutume spartiate, soit l’infanticide des maladifs et des difformes, qui constituait «un avantage autant pour les nouveau-nés détruits que pour la communauté.» L’idée selon laquelle toutes vies ont une valeur égale et qu’elles devraient être préservées n’était, après tout, qu’un «dogme traditionnel,» une vérité à peine scientifique. [18] [53]

Cependant, l’hypothèse commune où la civilisation européenne est beaucoup plus évoluée que les autres, surtout à cause de ses guerres nombreuses par rapport aux autres nations, est fausse. La guerre est en réalité typique à pratiquement tout peuple, excepté dans certaines petites îles où la nourriture est abondante, ou chez des peuples vivant dans les régions polaires.[54] Dans l’Histoire, plusieurs tribus africaines étaient continuellement en guerre, comme dans la plupart des pays de l’Asie et de l’Amérique.

Le nazisme et la religion

L’opposition face au mouvement eugénique venait principalement des Allemands chrétiens. Bien qu’Hitler ait été baptisé catholique, il n’a jamais été excommunié, et «se considérait comme un bon catholique romain» dans sa jeunesse et utilisait parfois des termes religieux. Mais il était évident qu’il avait des sentiments anti-chrétiens forts et retentissants durant l’âge adulte, tout comme la plupart des chefs du parti nazi. Mais en tant que politicien doué, il a ouvertement tenté d’exploiter l’Église.[55] Hitler a un jour révélé son attitude envers le Christianisme lorsqu’il a franchement déclaré que la religion est :

«Un mensonge organisé [qui] doit être écrasé. L’État doit demeurer le maître absolu. Quand j’étais plus jeune, je croyais qu’il était nécessaire de me préparer à [détruire la religion] […] avec de la dynamite. Depuis, j’ai réalisé qu’il y a de la place pour un peu plus de subtilité […] L’état doit prendre place dans la chaise de Saint-Pierre, officier sénile; devant lui se trouvent quelques vieilles femmes sinistres. […] les jeunes gens en santé se trouvent de notre côté […] il est impossible de tenir l’humanité dans les mensonges et les liens pour l’éternité. Ce n’était qu’entre le sixième et le huitième siècle que le christianisme était imposé à nos peuples. […] Nos peuples avaient déjà réussi à vivre une vie convenable sans cette religion. J’ai six divisions d’hommes SS qui sont absolument indifférents en matière de religion. Cela ne les empêche pas de se diriger vers la mort avec la sérénité de l’âme.»[56]

Ses croyances telles que révélées dans cette citation sont extrêmement claires : les jeunes gens, qui étaient l’espoir de l’Allemagne, étaient «absolument indifférents en matière de religion.» Comme l’a noté Keith, le parti nazi percevait le darwinisme et le christianisme comme deux pôles opposés. Milner a dit du père allemand de l’évolution, Ernst Haeckel, que dans son Histoire Naturelle de la Création, il déclarait que «l’Église, avec sa moralité de l’amour et de la charité, est une fraude dépassée, une perversion de l’ordre naturel.»[57] L’une des raisons majeures ayant poussé Haeckel à conclure cela est que le christianisme :

«[…] ne fait aucune distinction de race ou de couleur; il cherche à faire tomber toutes les barrières raciales. Dans ce respect, la main du christianisme s’oppose à celle de la nature, car les races humaines ne constituent-elles pas la moisson que la nature s’est acharnée à produire à travers les âges ? Ne pouvons-nous pas dire alors, que le christianisme est anti-évolutif en lui-même ?» [58]

L’opposition à la religion était l’un des traits caractéristiques de la science allemande, et de la théorie politique allemande, dès ses débuts. Stein résume ainsi les propos d’Haeckel tirés d’un discours intitulé De l’évolution : la théorie de Darwin :

«[Haeckel] affirmait que Darwin voyait juste […] l’humanité avait sans aucun doute évolué du monde animal. Ainsi, et c’est ici que le pas fatal a été fait par Haeckel lors de sa première exposition majeure sur le darwinisme en Allemagne : l’existence sociale et politique de l’humanité était gouvernée par les lois de l’évolution, la sélection naturelle et la biologie, comme cela avait été clairement démontré par Darwin. Toute opposition consistait en une superstition dépassée. Et, bien entendu, c’était la religion organisée qui s’opposait et qui barrait le chemin au progrès scientifique et social.»[59]

Martin Bormann, qui a été le bras droit d’Hitler pendant plusieurs années et aussi l’un des hommes les plus puissants de l’Allemagne nazie, avait la même franchise : l’Église s’opposait à l’évolution et c’est pour cette raison qu’elle devait être condamnée; les Nazis, eux, se plaçaient du côté de la science et de l’évolution. En outre, les concepts nazis et chrétiens étaient incompatibles, puisque le christianisme est fondé :

«[…] sur l’ignorance de l’homme, et tente de garder une grande partie du peuple dans l’ignorance. […] Le socialisme national a, pour sa part, des bases scientifiques. Les principes immuables du christianisme, qui ont été introduits il y a presque deux mille ans, n’ont cessé de s’endurcir et sont devenus des dogmes étrangers à la vie. Le socialisme national, s’il désire poursuivre sa tâche, doit toujours se guider en se conformant aux nouvelles recherches scientifiques.»[60]

Bormann a aussi clamé que les églises chrétiennes savaient depuis longtemps que :

«[…] les découvertes scientifiques menacent leur existence. Ainsi, par les pseudo-sciences telles la théologie, ils tentent désespérément de supprimer ou falsifier les recherches scientifiques. La vision de notre monde social-national se tient sur un niveau beaucoup plus élevé que celui des concepts chrétiens, dont l’essentiel a été tiré du judaïsme. C’est également pour cette raison que nous pouvons nous passer du Christianisme.»60

Comme l’indique Humber, Hitler croyait que les Noirs étaient des «monstruosités qui se situent entre l’homme et le singe» et c’est pour cela qu’il s’opposait aux chrétiens allemands qui :

«[…] partent pour ‘l’Afrique centrale’ afin de fonder des ‘missions de nègres,’ ce qui transforme des ‘être humains sains en une couvée corrompue de bâtards.’ Dans son chapitre intitulé ‘La nation et la race,’ il a dit : ‘Les plus forts doivent dominer et non se mêler aux plus faibles, car ils sacrifient ainsi leur propre grandeur. Seul le rejeton faible verra ici une quelconque cruauté, mais il n’est après tout qu’un homme chétif et limité; car si cette loi ne l’emportait pas, tout développement supérieur concevable (Hoherentwicklung) d’êtres vivants organiques serait impensable.’ Dans les pages suivantes, il dit : ‘Laissez combattre ceux qui veulent vivre; ceux qui refusent de se battre dans ce monde de lutte éternelle ne méritent pas de vivre.’» [61]

Un critique littéraire a démontré que le racisme allemand aurait eu du fil à retordre si la position historique de la Création, dépourvue de théories condamnant les «races maudites,» avait été unanimement acceptée. L’une de ces théories bibliques était la pensée selon laquelle la Genèse enseigne que deux «types humains» ont été créés à l’origine; Adam et Ève la lignée raciale supérieure, et les «bêtes de la terre,» la lignée raciale inférieure noire.[62] [63] Peu de gens acceptaient cette idée, cependant.

Peu d’études scientifiques traitant directement du darwinisme et du nazisme existent –et plusieurs évolutionnistes évitent le sujet, car l’évolution est incontestablement sélective. L’une des meilleures études sur le darwinisme et le nazisme indique que les Nazis avaient une foi ferme dans leurs programmes d’extermination par le fait qu’ils étaient fondés sur la science évolutionniste.[64] Récemment, un grand nombre d’articles populaires ont couvert ce sujet dans une attitude étonnamment honnête et candide.[65] La source du nazisme est le darwinisme, et nous devons d’abord comprendre l’histoire afin d’empêcher ces événements de se reproduire. Pour reprendre les propos d’Hitler, ceux qui ignorent les leçons de l’histoire sont condamnés à les répéter.[66] Il faut cependant admettre que certains individus qui n’acceptaient pas l’évolution épousaient des idées non-évolutionnistes qui s’accommodaient avec le racisme. Néanmoins, ces individus étaient rares et les théories développées semblent surtout répondre à des idées préconçues ou justifier des systèmes sociaux existants.

D’anciens prisonniers du «petit camp» de Buchenwald sont alignés dans leurs couches de bois où ils dormaient trois par «lit.» Archives nationales, Archives photographiques USHMM

Le nazisme : l’évolution appliquée

Dans la perspective moderne, plusieurs individus ont conclu que la Seconde Guerre mondiale et ses horreurs résultaient de l’idéologie d’un homme dément et cruel et de son administration tout aussi cruelle. Cependant, Hitler ne se percevait pas comme cruel, mais comme le bienfaiteur de l’humanité. Il croyait que dans les années à venir, le monde lui serait extrêmement reconnaissant pour avoir mis sur pied ces programmes, qui élevaient la race humaine à un niveau génétique évolutif supérieur, et qui mettaient fin à la pollution de la race en empêchant les mariages avec les races inférieures.

«Hitler a été influencé avant tout par les théories du darwinisme social du dix-neuvième siècle, dont la conception de l’homme en tant que matière biologique était dirigé par ses impulsions envers une société organisée. Il était convaincu que la race se désintégrait et se détériorait à cause de mauvais mariages résultant d’une promiscuité teintée de libéralité qui souillait le sang de la nation. Et ceci a mené à l’établissement d’un catalogue de mesures curatives ‘positives’ : l’hygiène raciale, un choix eugénique de partenaire, l’élevage d’êtres humains par des méthodes de sélection d’une part et d’extirpation de l’autre.»[67]

Les efforts d’Hitler pour mettre les membres de ces races inférieures dans des camps de concentration tenaient moins du désir de punir que du désir de protéger la communauté saine, comme il est d’usage de mettre les gens malades en quarantaine. Selon Haas, les Nazis croyaient que «tuer les Juifs et les autres était en fait une manière scientifique et rationnelle de servir un bien objectif plus élevé.»[68] Rudolf Hoess, le commandant d’Auschwitz ajoute : «un tel combat, légitimé par les dernières découvertes scientifiques, justifie les conceptions racistes de nations et de peuples inférieurs ou supérieurs, et valide le conflit qui existe entre eux.»[69] Pourtant, beaucoup d’individus vivant en Allemagne ont reconnu le mal qu’entraînait le darwinisme, et Nordenskiöld, le Ministre prussien de l’Éducation, a banni son enseignement autour de 1875 :

«[…] Le Ministre prussien de l’Éducation a fait passer une circulaire qui défend strictement les instituteurs du pays d’avoir quoi que ce soit à voir avec le darwinisme. […] dans le but de protéger les écoliers des dangers des nouvelles doctrines.»[70]

Une question intéressante se pose : l’holocauste nazi se serait-il produit si cette interdiction avait encore été en vigueur à l’époque ? Haeckel était au centre de cette lutte, et a obtenu beaucoup de soutient de la part

«[…] des libre-penseurs, et l’on peut facilement comprendre la hâte avec laquelle les amis de la liberté de pensée et d’expression se sont réunis pour l’appuyer en dépit de ses nombreuses erreurs, quand des réglementations scolaires telles que celles ci-haut mentionnées étaient adoptées […] Et de plus, le résultat en est venu à prouver la justification d’Haeckel; le darwinisme pouvait être barré dans les écoles, mais l’idée de l’évolution pénétrait partout. […] Et Haeckel a davantage contribué à ce résultat que quiconque; tout ce qui avait de valeureux dans ses discours est devenu permanent, alors que ses égarements ont été oubliés, comme ils le méritent.»[70]

Si un biologiste de notre époque était l’auteur de ces propos, il aurait sûrement évité le «comme ils le méritent,» car Haeckel est aujourd’hui reconnu en tant que fraudeur sans scrupules n’ayant rien à voir avec les horribles événements des années 1930 et 1940.

L’influence bien documentée du darwinisme sur l’holocauste a été grandement voilée par les médias. Les écrivains contemporains polissent, négligent ou déforment totalement la forte connexion qui existe entre le darwinisme et la théorie raciale nazie et les politiques qu’elle a produites. Mais comme Stein l’admet :

«L’on doute peu du fait que l’histoire de l’ethnocentrisme, du racisme, du nationalisme et de la xénophobie est également l’histoire de l’utilisation de la science et de l’action des scientifiques en vue d’appuyer ces idées et ces mouvements sociaux. Dans plusieurs cas, il est clair que la science a été utilisée comme matériel brut ou évidence par des acteurs politiques idéologiquement intéressés qui cherchaient des preuves pour soutenir leurs notions préconçues. La plupart des socio-biologistes contemporains et des étudiants en biopolitique affirmeraient que toute tentative visant à utiliser la science dans ce but tient en fait de la pure pseudoscience.»[71]

Il ajoute qu’il y a peu de doute à l’effet que cette attitude d’autoprotection est basée sur

«[…]une lecture volontairement tordue de l’histoire. L’histoire de l’ethnocentrisme et des courants semblables a aussi été l’histoire de plusieurs scientifiques respectés d’une certaine époque qui s’activaient à utiliser leur propre autorité afin d’avancer et soutenir des doctrines politiques ou sociales xénophobes et racistes au nom de la science. Ainsi, si les scientifiques de l’époque utilisaient la science de l’époque afin de faire avancer le racisme, il ne s’agit que d’une forme d’amnésie kuhnienne ou d’un blanchissement historique afin d’éliminer toute inquiétude concernant l’abus contemporain de la science par l’idée selon laquelle les abus du passé n’étaient que de la pseudoscience.»[71]

Darwin ne vivait pas seulement sa culture, comme on l’entend souvent. Selon Hull, «on nous a répété et répété que la raison pour laquelle la théorie de Darwin était si […] sexiste et raciste est que la société de Darwin était empreinte des mêmes caractéristiques.» Hull répond à cela en indiquant que Darwin «n’était pas si jeunot; il ne faisait pas que lire les caractéristiques de sa société dans la nature.»[72]

Le nazisme est souvent cité comme un exemple des dangers du zèle religieux, et très rarement comme le rôle-clé des eugénismes de Francis Galton, basés sur la théorie de la sélection naturelle épousée par son cousin Charles Darwin. Les eugénismes sont encore en vie aujourd’hui. En 1955, W. Rowan, un professeur de zoologie canadien, a noté que «le fait probablement le plus significatif est qu’il [Darwin] a finalement libéré l’humanité d’une grande mesure de proscription ecclésiastique et qu’il a offert à ses contemporains une liberté de pensée qui avait été inconnue pendant des siècles.»[73] Il affirme ensuite que de réduire l’influence des églises dans la société a permis de découvrir non seulement les moyens de l’évolution, mais de connaître que l’homme a les moyens, et qu’il peut soit diriger l’évolution, soit la laisser agir d’elle-même, ou pire encore, l’arrêter en contraignant les forces qui l’animent, causant ainsi la dévolution.

Dans ses écrits, Rowan déclare qu’il est tragique de voir que l’homme a choisi la dernière option. «La sélection est plus vitale au progrès humain que jamais. Le grand principe darwinien demeure […].» Il ajoute ensuite : «Quand l’homme a acquis l’intellect, il s’est dirigé vers un sentier tout nouveau et sans précédent dans le monde animal, le cours duquel dépend maintenant non de nouveaux changements physiques, mais de changements intellectuels et d’une sélection tout aussi intellectuelle.»[74] Malheureusement, conclut-il, les humains «sauvent» les individus intellectuellement inférieurs et passent à côté du but, qui est d’ordonner leurs rapports selon les lois de la biologie.[74] Cette discussion, bien qu’adroite, est claire : ceux qui sont jugés moins forts par les évolutionnistes doivent être éliminés, ou les efforts visant à les sauver doivent être du moins limités; nous devrions laisser la nature faire son travail. Refuser de le faire mènera à la condamnation éventuelle de la race humaine.

Conclusion

Avec la ferme conviction que l’évolution darwinienne était vraie, Hitler s’est perçu comme le sauveur moderne de l’humanité. La société, pressentait-il, le verrait un jour comme un grand «socialiste scientifique,» le bienfaiteur de toute la race humaine. En générant une race supérieure, le monde le percevrait comme l’homme qui a mené l’humanité à un niveau élevé de développement évolutif. Si le darwinisme est une vérité, alors Hitler était notre sauveur, et nous l’avons crucifié. Comme résultat, la race humaine souffrira atrocement. Si le darwinisme n’est pas une vérité, ce qu’Hitler a tenté de faire doit être classé parmi les crimes les plus abominables de l’Histoire, et Darwin doit être perçu comme le père de l’une des philosophies les plus destructrices de l’Histoire.

Un passage tiré des écrits de Youngson affirme que l’application du darwinisme à la société, qui a porté le nom d’eugénismes, a produit l’une des bévues scientifiques les plus tragiques de tous les temps :

«La culmination du côté sombre des eugénismes a été, bien entendu, la tentative d’Adolf Hitler de produire une «race maîtresse» en encourageant la reproduction «d’Aryens» purs et en tuant six millions de personnes qu’il voyait comme génétiquement inférieures. Il ne serait pas juste de voir Galton le tenir entièrement responsable de l’holocauste ou même de son manquement à anticiper les conséquences de sa plaidoirie dans l’affaire. Mais il était certainement l’architecte principal des eugénismes, et Hitler était certainement obsédé par l’idée. Alors, en termes de conséquences, ceci doit être qualifié comme l’une des plus grandes bévues scientifiques de tous les temps.»[75]




Remerciements

Je souhaite remercier le docteur Wayne Frair, maître John Woodmorappe et maître Paul Humber pour avoir regardé et commenté l’ébauche de cet article.

Traduit par Ketsia Lessard
© 1999 Answer in Genesis. First published in Creation Ex Nihilo Technical Journal 13(2):101-111, 1999 All Rights Reserved. (http://www.trueorigin.org/holocaust.asp)
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Source: creationnisme.com

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