jeudi 3 février 2011

Les hommes de Moubarak lancent la contre-attaque...




«Nous avons arrêté 50 à 100 baltaguis et nous les avons remis aux soldats, explique un activiste. Ils ont dit qu’on leur avait donné 100 livres égyptiennes et un repas pour attaquer les manifestants. »


«La voilà, la démocratie de Moubarak!» Mohamed Magdi, un médecin volontaire de 25 ans, sort de la petite mosquée hors de lui. Le lieu, situé juste derrière la place Tahrir, a été transformé en centre de premiers soins. Une centaine de blessés sont allongés sur le sol, beaucoup sont grièvement touchés à la tête. Certains sont complètement inconscients. «Il y a maintenant plus de blessés que de médecins à l’intérieur», poursuit Mohamed Magdi. Dans les petites rues autour de la mosquée, des médecins recousent à la hâte des plaies au menton ou sur le crâne. Les blessés, portés par d’autres manifestants, continuent d’affluer dans la panique. Dans un coin, un homme pleure, traumatisé par ce qu’il voit. 

«Le traître sacrifie son peuple» 

En début d’après-midi, hier, des cortèges pro-Moubarak ont marché vers la place Tahrir. Un défilé venant de la rue du Musée du Caire, composé de près d’un millier de personnes brandissant des drapeaux égyptiens et des portraits de Moubarak, s’est retrouvé face aux manifestants antirégime. Après une demi-heure, des pierres ont commencé à pleuvoir sur les partisans de l’opposition. «Ce sont des vieilles techniques: ces gens sont des fonctionnaires payés par le gouvernement. » Islam, un étudiant de l’Université américaine du Caire, regarde arriver le cortège avec anxiété. «Parmi eux, il y a beaucoup de policiers en civil, et desbaltaguis, ces criminels engagés par la police pour attaquer les gens. »

Sur la place, les manifestants continuent à chanter des slogans pour exiger le départ de Moubarak. Mais la confusion s’installe rapidement: des hommes soupçonnés d’être desbaltaguissont pris à partie par la foule. «Leur but est de provoquer des affrontements, pour pouvoir dire que nous sommes des terroristes, alors que ce sont eux les terroristes!»

Gihane, une militante active depuis le 25 janvier dans l’organisation des manifestations, explose de rage. «Lorsque j’ai écouté le discours de Moubarak mardi soir, je me suis dit qu’il voulait que le calme et la sécurité reviennent, même si j’étais en colère qu’il n’annonce pas son départ, explique Nayera, 24 ans. Mais quand je vois ce qu’il se passe maintenant, je réalise que Moubarak est un traître, un menteur. Il veut que les Egyptiens se battent entre eux. Il sacrifie son peuple pour garder le pouvoir». 

«Nous avons arrêté 50 à 100baltaguiset nous les avons remis aux soldats, explique un activiste. Ils ont dit qu’on leur avait donné 100 livres égyptiennes et un repas pour attaquer les manifestants. »

Hier soir, les violences ont encore redoublé. Dans la rue menant à la place Tahrir, on pouvait voir des hommes armés de couteaux et de machettes, tandis que des tirs d’armes à feu retentissaient. Vers 23 heures, on dénombrait au moins trois mort et plus de 600 blessés et les affrontements se poursuivaient. Malgré le lourd bilan, l’opposition maintenait son appel à manifester à nouveau massivement vendredi. De son côté, Mohamed ElBaradei a répété qu’Hosni Moubarak devait quitter le pouvoir immédiatement et a qualifié les violences d’hier de «crimes de guerre».


Source sur  http://archives.tdg.ch/TG/TG/ ICI
Article - 02/02/2011





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