jeudi 9 septembre 2010

Des puces RFID pour surveiller les enfants d'une crèche parisienne...



Paris, France - Un établissement de la capitale veut tester dès l'an prochain un système de surveillance électronique des enfants grâce à une puce RFID (Radio Frequency IDentification) intégrée à leurs vêtements. Une mesure qui semble gagner du terrain en Occident. Analyse.


Selon Le Parisien, l'entreprise Lyberta, spécialisée dans la géolocalisation, aurait pour projet d'introduire ce système en France. Patrick Givanovitch, PDG de l'entreprise, aurait déclaré que "l’expérimentation, menée pour le compte d’une grande société d’assurances, vise à valider l’efficacité du système du point de vue de la sécurité des enfants." Concrètement, il s'agirait d'installer "des sondes un peu partout dans la crèche pour établir une cartographie complète du lieu. Grâce à la puce portée par chaque enfant il sera possible de savoir instantanément si l’un d’entre eux quitte la crèche. La direction de la crèche sera immédiatement alertée, tout comme les parents, par SMS sur leurs téléphones portables", a précisé M. Givanovitch.






Qu'est-ce qu'une puce RFID ?


Selon un rapport de Nicole A. Ozer, directrice du département Technologies et Libertés Civiles de l'ACLU, les puces RFID existent depuis la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd'hui grosses de quelques millimètres, elles servaient à l'époque pour différencier les avions ennemis de ceux alliés. Leur utilisation s'étend dans les années 70 aux secteurs industriels et commerciaux, où elles permettent de suivre le trajet des produits dans l'usine. Mais au cours des années 2000, l'implantation de puces RFID dans les objets de la vie quotidienne s'emballe : badges, cartes de péage et de transports, passeports biométriques, permis de conduire... et, dernièrement, uniformes scolaires.

Il existe trois types de puces RFID :

1. Les puces dites passives fonctionnent sans batterie interne. Elles sont "réveillées" lorsqu'un lecteur externe leur transmet des ondes magnétiques. Ce sont celles qu'on trouve le plus souvent dans des badges basiques.

2. Les puces dites actives possèdent leur propre batterie. Elles sont capables d'initier un échange avec un capteur situé à plusieurs dizaines de mètres et de communiquer fréquemment les informations qu'elles enregistrent. Les enfants de la crèche parisienne pourraient être équipés de ce type de puce.

3. Enfin, les puces dites "intelligentes" possèdent un système de sécurité intégré qui protègent leurs données. Cryptées, les informations contenues sur ces puces ne sont accessibles qu'après une demande d'identification. On trouve ce type de puces dans n'importe quelle carte bancaire.

La radio-identification : fichage ou fiabilité ?


Fréquemment utilisées pour la confection de badges magnétiques ou pour effectuer le suivi du bétail, les puces RFID pourraient donc devenir le prochain moyen de monter la garde dans les garderies, écoles ou collèges. Depuis le 31 août, les élèves de l'école maternelle du comté de Richmond portent des vêtements équipés de puces radio, rapportait récemment le blog de l'American Civil Liberties Union (ACLU). Afin de justifier son initiative, la direction de cet établissement invoque des arguments économiques. Alors qu'auparavant le travail de maintenance était consigné par écrit, les puces RFID permettraient de connaître en un instant la localisation d'un individu, son activité (s'il court, marche, est assis, combien de temps, etc.), voire des données physiques (la température du corps, par exemple).


Malgré ses quelques défenseurs, la puce RFID connaît beaucoup de détracteurs, dont des parents et syndicats indignés. Pour Dominique Ratia-Armengol, présidente de l'Association nationale des psychologues de la petite enfance, "enfermer les enfants dans une cage virtuelle, c’est créer des conditions de méfiance et d’angoisse inutiles face à un danger qui n’existe pas", cite Le Parisien. "C’est également déresponsabilisant en coupant les liens avec les adultes à l’écoute et formés pour éduquer et établir une relation de confiance avec eux", a-elle ajouté.

Dans une vidéo postée sur Internet (voir vidéo : Un hacker clone la puce RFID d'un député californien), Chris Paget apporte également un démenti majeur à la thèse de l'efficacité d'une surveillance strictement électronique des personnes. Selon lui, il suffirait d'intercepter le signal de l'une d'elles grâce à une sonde pirate, pour ensuite "cloner" son identifiant. Une fois le code personnel reproduit, le hacker pourrait renvoyer cet identifiant aux lecteurs de la crèche et feindre la présence d'un individu réellement absent. Jonathan Westhues a par exemple démontré qu'avec un matériel relativement basique, il était aisé de cloner des badges d'accès au siège des députés californiens.



Articles de zigonet du 09 septembre 2010, Source ICI






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